Projets de recherche
En empruntant un cadre interdisciplinaire, les recherches que nous menons visent à mieux comprendre l’expérience des individus au travail et à agir sur des situations en emploi. Nous tentons d’une part de saisir comment, dans le contexte actuel de l’emploi, les individus se taillent une place au travail, quels sont les facteurs sociaux, organisationnels, collectifs et individuels qui interagissent pour favoriser leur maintien en emploi dans un état d’équilibre bénéfique pour l’individu, pour le collectif auquel il appartient, et pour son organisation. Nous cherchons d’autre part à développer des connaissances pratiques sur des interventions favorisant le maintien au travail, à bâtir des outils utiles et transférables dans de nombreuses organisations, et à en évaluer les impacts dans les milieux réels. Les approches méthodologiques auxquelles nous avons recours sont le plus souvent participatives, construites autour de partenariats de recherche afin de favoriser la plus grande proximité possible entre le terrain et les chercheurs. Nos méthodes de recherche sont quantitatives, qualitatives et souvent mixtes. Notre équipe de recherche a aussi développé une tradition d’expertises multidisciplinaires qui se reflètent à la fois dans le regard qu’elle pose sur les problèmes étudiés, dans les méthodes auxquelles elle a recours pour les appréhender sur le terrain, et pour développer des outils de prévention. Notre programmation prend forme dans des projets variés qui intègrent des perspectives complémentaires (individuelle, collective et organisationnelle) et s’intéresse au rapport au travail et aux parcours de vie, à l’intégration organisationnelle et à la capacité de travail, ainsi qu’aux rapports sociaux au travail. Ces thématiques ont trait à des situations liées à l’emploi et au travail qui ressortent, dans nos travaux antérieurs et dans la littérature récente, comme des priorités au niveau de l’amélioration des connaissances scientifiques et des moyens d’action en santé au travail et au plan des politiques publiques.
Le rapport au travail et les parcours de vie
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(Bourbonnais, LaRue, Côté, Bernard, Malenfant, CRSH 2009-12, No 5055) Ce projet vise à mieux comprendre et à comparer le rapport au travail des jeunes à celui des travailleurs plus âgés. Nous faisons l’hypothèse que les jeunes travailleurs et les plus âgés développent des stratégies de distanciation différentes en fonction de leur position en emploi, de la phase de vie professionnelle et personnelle dans laquelle ils se trouvent et de leurs attentes à l’égard du travail. |
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(Côté, Bourse de doctorat, CRSH, 2007-10) Cette étude utilise les parcours de vie pour effectuer une analyse comparative entre l’expérience vécue des jeunes du RSSS qui quittent leur emploi et ceux qui s’y maintiennent. Nous nous intéressons ici à l’importance des différentes dimensions de la vie (le travail, la famille, l’éducation et la santé) dans les choix qui sont faits, et à la manière dont elles façonnent les trajectoires professionnelles des jeunes et leur rapport au travail. |
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(Malenfant R, Picotte C, Jetté M, FQRSC 2008-11, No 128268) La plupart des entreprises gèrent les conflits travail-famille en offrant presque exclusivement des mesures de soutien à l’individu. On en sait peu encore sur les enjeux et les logiques qui amènent les organisations à privilégier certaines mesures de conciliation et à les mettre en œuvre. Nous connaissons mal les régulations que révèlent les stratégies des parents au travail. Pour combler ces lacunes relevées dans la littérature scientifique récente, le projet adopte une perspective centrée sur l’expérience des acteurs et vise l’élaboration d’un cadre conceptuel permettant de problématiser la conciliation TF dans un contexte social et organisationnel en transformation. |
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(Malenfant, Vézina, Hério, CEREST-UQO, 2007-10 et, CRSH, à soumettre en 2010) Depuis les dernières décennies, le modèle Demande/Contrôle de Karasek est le plus utilisé dans la recherche scientifique pour expliquer, par des études épidémiologiques, l’apparition de problèmes de santé mentale et de certains problèmes physiquesliés à l’activité de travail. Ce modèle met l’accent sur l’autonomie au travail, comme déterminant du maintien d’une bonne santé. Cependant, cet effet apparaît moins clairement lorsque les résultats sont analysés selon le sexe. Les raisons pouvant expliquer cette différence n’ont pas fait l’objet de recherches spécifiques. Cette recherche exploratoire étudie la construction du concept d’autonomie au travail en portant une attention particulière à la notion de genre. |
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L’intégration organisationnelle et la capacité de travail
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Deux projets s’attarderont à mieux cerner les dynamiques qui prévalent entre les principaux acteurs qui participent au processus de rétention dans une organisation. Dans un cas (Côté, LaRue, Bourbonnais, Gauthier, RSSS 2009-11), nous étudions les négociations entre les travailleurs, les employeurs et les syndicats d’un établissement du RSSS. Dans l’autre cas (Castonguay, LaRue, Bouchamma, Fortin, CRSH, soumis A-2009) nous visons, dans le milieu de l’éducation, à mieux comprendre comment et en quoi la dynamique des négociations qui prévalent entre les commissions scolaires, les directions générales et les nouveaux directeurs, structure l'organisation du travail dans laquelle ces derniers évoluent et favorise ou non leur maintien en emploi. |
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(Bourbonnais, Brisson, Dionne, Duchesne, St-Arnaud, Gauthier, IRSC soumis A-2009) Une étude longitudinale sur une période de 11 ans incluant 700 travailleurs de trois entreprises publiques décrira l’évolution des problèmes de santé mentale (PSM) et identifiera les déterminants personnels, organisationnels et sociaux de l’incapacité au travail à long terme, du retour au travail en bonne santé, de la qualité de vie et de la capacité de travail après un PSM. En évitant les principales limites des études répertoriées, cette étude permettra le développement de connaissances solides et nouvelles des déterminants du retour et du maintien au travail. L’identification de facteurs de risque occupationnels modifiables permettra d’orienter les interventions préventives et favorisera la promotion de saines pratiques dans le but de prévenir l’incapacité et promouvoir le retour au travail. |
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(Vézina et al., FCRSS 2008-12, RC2-1779-05) En lien avec nos recherches antérieures, ce projet vise à évaluer l’impact du développement du leadership des cadres d’un centre hospitalier en matière de gestion du changement et de la maîtrise des systèmes opérationnels de soins sur l’environnement psychosocial de travail et, secondairement, sur la stabilité des équipes, l'engagement envers l'organisation, l'attraction et la rétention du personnel, ainsi que sur la qualité des soins et des services. |
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(Provencher, LaRue, Goyette, Turcotte, Nivolle, CRSH soumis A-2009) Ce projet visera à modéliser les pratiques d’accompagnement vers l’emploi mises en œuvre par les professionnels du réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec auprès des jeunes de 16-35 ans à risque ou en situation d’exclusion, et ce, afin d’améliorer les services de soutien qui leur sont offerts. Nous considérons que ces pratiques vont dépendre des contextes économiques, politiques et sociaux, du cadre organisationnel dans lequel elles se déploient, et des représentations de la clientèle desservie et de ses compétences. |
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(Malenfant, Champagne, RQRP-ÉS/Outaouais, 2008-10) Cette recherche exploratoire porte sur l’intégration au travail dansle secteur de l’économie sociale. Nos recherches précédentes effectuées dans les secteurs privés de l’économie ont révélé des difficultés importantes d’intégration particulièrement pour les jeunes peu qualifiés. C’est à travers un processus d’accueil et de formation qui est court-circuité que les jeunes doivent non seulement apprendre les tâches pour lesquelles ils ont été embauchés, mais « apprendre le marché du travail », ses codes, ses normes formelles et informelles, de même que le mode de relations de travail. Les difficultés qu’ils rencontrent sont de différents ordres : l’apprentissage à la tâche basée sur des critères d’efficacité immédiate, une philosophie d’embauche privilégiant la mise à l’essai sélective et enfin, une dynamique de rapports sociaux excluante. Il nous apparaît important d’analyser ce processus d’intégration organisationnelle dans des entreprises d’économie sociale qui s’appuient sur des valeurs et des objectifs de développement qui vont au-delà de la productivité économique. |
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(Malenfant, Vézina, Plante, en développement) Au cours des dernières années, nos travaux sur l’analyse du processus de construction sociale du risque pour la santé lié au travail ont mis en évidence une propension à une gestion individuelle des risques (responsabilisation des travailleurs), une individualisation des problèmes de santé (approche au cas par cas) et à la « médicalisation » des solutions. Or, cette approche prend peu en compte l’impact des rapports de travail dans le processus de gestion des risques en regard de la santé au travail. En fait, les travailleurs présentant des problèmes de santé se retrouvent dans plusieurs cas pris dans un processus de rejet ou de marginalisation du milieu de travail. Nous voulons maintenant centrer nos travaux sur les processus d’évaluation du personnel, à l’embauche et en cours d’emploi, qui nous apparaissent des moments stratégiques d’analyse de l’idéologie gestionnaire et, en corollaire, des réactions, stratégies, retraits des « évalués » et sur la construction des critères informels d’évaluation véhiculés au sein du collectif de travail. |
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Les rapports sociaux au travail
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(Dussault, Vézina et Mercure, IRSST 2005-09 et CRSH 2007-09) Ce projetétudie le contexte social d’émergence du harcèlement psychologique chez les agents correctionnels québécois. Cette étude vise à explorer le rôle joué à la fois par les exigences du travail et la solidarité des groupes de travailleurs concernés dans l’émergence de comportements antisociaux au travail. |
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(Jauvin, bourse postdoctorale IRSST et FQRSC 2009-11) Cette recherche porte sur les trajectoires des travailleurs touchés par le harcèlement psychologique au travail (HP). Elle permettra de dresser un portrait des différentes trajectoires, d’identifier les facteurs qui facilitent ou qui entravent la résolution de la situation de HP, ainsi que les actions les plus porteuses pour favoriser la résolution de la situation et le maintien en emploi des travailleurs touchés. |
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(Vézina, Bourbonnais, Jauvin et Dussault, IRSST, à soumettre en 2009, et Brisson, Vézina, Bourbonnais, IRSST, à soumettre en 2010) Ces deux projets viseront le développement d’outils qui permettront de valoriser les connaissances développées dans nos recherches antérieures portant sur des interventions sur l’environnement psychosocial au travail afin d’en dégager des pratiques exemplaires en matière préventive, transférables à d’autres milieux de travail. Ces pratiques devraient notamment favoriser le maintien en emploi de travailleurs en ciblant particulièrement les conditions du travail à l’origine des tensions, contrant ainsi l’exclusion de travailleurs abîmés par un milieu de travail difficile. |
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(Jauvin, Vézina et al, CRSH, soumis A-2009) Ce projet portera plus spécifiquement sur la perspective des organisations aux prises avec des situations de harcèlement psychologique (HP) et étudiera les pratiques de prévention et de correction du HP ainsi que les logiques d’action des acteurs concernés par la prise en charge de la problématique du HP dans l’entreprise. |
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(Jauvin, Vézina, St-Arnaud, en développement) s’intéressera plus spécifiquement aux stratégies mises en place par les organisations pour faciliter la réinsertion professionnelle des travailleurs ayant porté plainte pour harcèlement psychologique au travail afin de développer à la fois des connaissances sur cette question, mais aussi de nouvelles pratiques en la matière. |
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Plusieurs professionnels de la santé travaillent dans des situations de conflit de rationalité qui les obligent à satisfaire des exigences qui ne sont pas cohérentes, par exemple celles des gestionnaires versus celles des ordres professionnels. Une étude déjà financée (Freeman, FQRSC, 2009-11) vise à connaître la nature des exigences imposées par les ordres professionnels à leurs membres pour obtenir de leurs organisations des ressources leur permettant d’offrir des services de qualité. Ce projet vise aussi à mieux connaître la façon dont les ordres perçoivent leur rôle de revendicateur. D’autres projets (Freeman et Vézina, en développement) seront développés pour mieux comprendre la perspective des gestionnaires au sujet de leur imputabilité dans le cadre de ce conflit de rationalité, et pour analyser les facteurs favorisant ou non les arbitrages collectifs de ce décalage entre la conscience professionnelle de chacun, les ressources disponibles, et les besoins de la clientèle à desservir. |
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Projets de recherche antérieurs
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